2010 Archives
Pour la loi contre la burqa ou pour la liberté d’expression ?
Je pense que la loi Contre la burqa est une réaction de peur contre des cultures différentes. C’est une loi qui permet d’interdir une pratique religieuse. Pourtant, la France a séparé l’église et l’état le 8 décembre 1905. La loi n’a pas à interdire des libertés individuelles : voir la déclaration des droits de l’homme. De même, la loi ne doit pas servir une idéologie, mais doit garantir les droits de l’homme. On ne peut non plus imposer le port de la burqa, la loi ne peut donc intervenir que dans ce cadre là. Concernant la procédure d’identification ou pour des raisons de sécurité (conduite au volant), peut-être il pourrait y avoir des burqa adaptées ?
On a bien sûr le droit d’être contre la burqa, c’est aussi la liberté d’expression. On ne devrait plus à notre époque faire de lois qui imposent une morale ou une façon de penser. Je suis d’ailleurs pour les visages découverts car ce n’est pas naturel de se cacher le visage. Les êtres humains n’ont pas à se cacher car cela rompt un moyen de communication important qui laisse passer les expressions corporelles.
On pourrait même aller plus loin et se demander pourquoi on porte des vêtements. Il nous protège et sert à cacher les imperfections du corps. La nudité est considérée comme choquante par beaucoup de personnes. Et si un jour, un pays invente une loi qui interdise le vêtement, un résident étranger de culture différente devra-t-il rester chez lui ou sortir tout nu pour éviter d’être dans l’illégalité ? Peut-être que porter un vêtement n’est pas naturel en fin de compte et qu’un jour on n’en portera plus…
La liberté d’expression n’est pas à vendre
Pour une réforme, en Angleterre, de la loi sur la diffamation : « Index on Censorship », et « English PEN » ont publié une étude sur l’impact de cette loi et recommandent une série de modifications permettant de respecter la liberté d’expression comme le fait de devoir démontrer les dommages faits et le caractère erroné de l’information, de prendre en compte l’arrivée d’internet, de limiter le coût du dommage,…
On vous a sonné les cloches ?
Il n’est pas juste, au nom de la liberté et de la séparation de l’église de l’état, pour un non-chrétien de se voir imposer des journées non-travaillées chrétiennes telles que pâques et noël.
Pour permettre à tout le monde de pouvoir pratiquer sa religion, il faudrait transformer ces jours en congés optionnels que l’employeur n’aurait pas le droit de refuser. Le québec pense à supprimer 3 jours fériés du calendrier scolaire l’année prochaine. Il ne faut pas faire ce type de loi pour accomoder spécialement une religion en particulier mais pour permettre à chacun de pratiquer sa religion.
On ne parle pas non plus des églises qui ont un carillon automatique le matin à 7h par exemple, même le dimanche (justement, encore un jour imposé).
On ne parle pas de l’obligation de manger du poisson le vendredi dans certaines cantines, ni de ceux qui ont choisi de ne pas manger des cadavres (poisson, viande,…).
TOGO, été 2008, la vidéo
Au format OGG/theora uniquement :
Pour la parité blanc / noir sur les listes de candidats à une élection ?
C’est ce qu’on aurait dit il y a quelques années pour faire de la discrimination positive. On se rend compte que c’est ridicule, les personnes qui sont discriminées sur un critère : âge, sexe, préférence sexuelle, couleur de peau, richesse,… ne réclament pas la charité, mais réclament l’égalité des chances. Ce qui n’a rien à voir avec une égalité numérique. Pourtant on en est encore à parler de parité homme/femme !
Réclamer une parité dévalorise une fonction et rend souvent la tâche difficile, on pourrait aussi réclamer la parité droitier/gaucher, blond(e)/brun(e),… Je reprends un commentaire de l’article de Wikipedia sur les discrimination positive : Mathieu Laine rapporte ainsi dans La Grande Nurserie l’exemple de Stefen L. Parker, étudiant en droit qui postula en 1980 à Harvard et fut recalé puis reçut quelques jours après une lettre de Harvard disant : « Nous ne savions pas que vous étiez noir et nous serions en réalité ravis de vous recevoir parmi nous ».
Personnellement, je m’en fiche de savoir ce qu’il y a dans la culotte d’un candidat ou si son être aimé correspond aux « bonnes » mœurs. Pour moi, ce qui est important, ce sont les capacités et la motivation d’un candidat à diriger, à faire fonctionner la démocratie, à faire ressortir ce qu’il y a de bon en chaque personne, à rendre les gens heureux, à promouvoir l’amour et non la haine,…
Pour apprendre à prendre du recul sur les inégalités restantes encore aujourd’hui, je vous propose un très vieux documentaire : on peut ainsi ressentir ce que c’est que de ne pas être impliqué dans une morale ou une croyance courante. J’espère que ça pourra aider à faire le même exercice avec les sujets d’aujourd’hui :
La censure est une arme de destruction massive
La censure est la limitation de la liberté d’expression par le blocage de la diffusion de messages textuels, audiovisuels.
Elle permet d’empêcher la population d’avoir accès à des informations ou des avis alternatifs, sur un sujet donné.
Le but de la censure est de maintenir des croyances ou des courants de pensées, ou de contrôler des individus.
Il est ainsi possible, pour des religions, d’entrenir ou d’imposer une pensée, détenue comme vérité. Il est aussi possible, pour des individus, de contrôler des prises de décision en leurs faveurs, comme par exemple, contrôler le vote d’un texte de loi, sans même que les participants au vote, n’aient conscience que leur décision ne se base que sur des informations contrôlées. La censure n’est donc pas compatible avec la démocratie car la démocratie a besoin des avis individuels et que ces avis ne peuvent être justes qu’en ayant accès à l’ensemble des informations.
Un bon contrôle des informations, permet d’avoir un effet de masse important. Ainsi, il a été possible de faire croire que la terre était plate, que l’homosexualité était une maladie mentale, que les enfants n’avaient pas de sexualité,…
La population participe à son tour, naïvement, à la censure en aidant à supprimer les idées qui leur semblent choquantes ou non conformes à leur pensée. Se fabrique alors une morale, une croyance liée à une époque, à un pays, à un village,… On tombe dans un cercle vicieux dont il est difficile d’en sortir sans y laisser la vie.
La censure peut détruire ainsi la vie de personnes jusqu’à la mort selon les époques, les pays,… Elle peut poser un problème de conscience ou le silence sur un sujet donné : tabou. Ainsi seules les « bonnes » paroles sont entendues ce qui entretient encore et toujours la pensée. Les « mauvaises » pensées sont effacées car choquantes pour bon nombre de personnes fragiles psychologiquement. Nous observons alors des réflexes de censure souvent inconscient.
La censure est une arme de contrôle des idées, c’est sans doute une des plus puissantes armes qui existent.
La censure sur un sujet, avant d’être levée, doit être identifiée. Il faut alors chercher du côté des sujets tabous, des lois votées qui protègent des intérêts particuliers, des différences de pensées entre les pays et les époques,…
De manière générale, si on interdisait toute forme de censure, cela permettrait à la population de faire des choix sereinement et qui respecteraient l’intérêt général, tout en laissant ce qui est du domaine privé, réellement privé.
Droit de vote pour tous et sans discrimination d’âge !
La France, le pays des droits de l’homme, interdit le vote civique à toute personne n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans.
L’histoire montre que le droit de vote a été donné de façon progressive à de plus en plus de personnes, d’abord à ceux qui étaient les plus fortunés, puis accordé à tous les hommes (au sens maculin), enfin accordé aux femmes en 1944. Cet élargissement progressif montre une tendance à davantage de considération humaine. L’âge du droit de vote a aussi diminué avec le temps passant à 30 ans, 25 ans, 21 ans et 18 ans. On semble tendre ainsi vers l’idée que chacun, sans discrimination, a le droit de contribuer à la sélection des personnes qui gouvernent le pays dans lequel il habite. Je pense qu’il faut aller vers cette idée, c’est-à-dire par exemple accorder le droit de vote des « étrangers » mais aussi ne pas exclure toute une catégorie de personne du fait de leur âge.
Un petit mot sur le droit de vote des « étrangers » : d’abord, c’est quoi être « étranger » ? Par exemple, lorsque qu’un nouveau co-locataire arrive dans une habitation, il est « étranger » par rapport aux autres. Mais au bout de quelques temps, peut-on vraiment encore dire qu’il est « étranger » ? Cette personne participe aux tâches récurrentes (tâches ménagères,…), travaille et aide à payer les charges de fonctionnement (électricité, eau,…), passe du temps libre avec les autres,… Il est donc normal que cette personne puisse participer à la prise de décision en ce qui concerne l’habitation : faut-il planter un nouvel arbre, faut-il réparer le garage, quel abonnement internet prendre,…
De la même manière, les mineurs sont concernés par certaines décisions : horaires d’ouverture des centres de loisirs et sportifs, aires de jeu à disposition (skatepark,…), aides aux devoirs, faut-il planter un nouvel arbre, quel abonnement internet prendre…
Prendre des décisions pour savoir s’il faut construire un nouveau skatepark ou pour savoir s’il faut construire une nouvelle centrale nucléaire à la place, c’est ça la politique. Tout le monde est concerné par la politique.
Donner le droit de vote aux mineurs, c’est leur donner une place dans la société, c’est prendre en compte leurs avis sur les problèmes qui les concernent. Aimeriez-vous que votre voisin décide pour vous ce qu’il est bon de semer comme fleur dans votre jardin ?
La France, liberté, égalité, fraternité…à partir de 18 ans.
Certains souhaitent un abaissement de la majorité à 16 ans. Je suis contre car on n’aura pas résolu le problème, à savoir, interdire le vote avec comme prétexte qu’il faille avoir une certaine maturité. Plutôt que de rendre la politique une affaire compliquée et inaccessible sans un certain niveau d’étude, il faut au contraire élargir la diversité des sujets traîtés. Si on devait interdire le vote sous le prétexte qu’il faille comprendre tous les sujets qu’aborde la politique alors peu de majeurs obtiendraient le droit de vote aujourd’hui. C’est à la société de faire le maximum pour rendre possible la participation de tout le monde. Je n’ai pas dit que c’était facile, ni possible tout de suite.
« Le vote est un acte important », certains disent que les mineurs ne sont pas capables de faire le bon choix : doit-on comprendre qu’il y a des mauvais choix ? Serait-ce par hasard les mêmes choix qui ne seraient pas les vôtres ? Laissez-vous entendre que vos choix seraient orientés habituellement contre les mineurs ? Sur wikipedia, on peut lire ceci : « En France, dès la fin de la Première Guerre mondiale, la Chambre des députés vote une loi visant à octroyer le droit de vote aux femmes, qui est finalement rejetée par le Sénat, dominé par le Parti radical, qui craignait qu’elles ne votent massivement pour les candidats conservateurs sous l’influence de l’Église. », on est ici dans la même situation, à savoir la crainte que le vote des mineurs ne pencherait pas vers le vote des majeurs.
« L’adolescence est la période rebelle », je propose de donner le droit de vote aux moutons. Vous les dressez bien et puis quand ils font tous ce que vous voulez, vous leur donner le droit de vote, ainsi vous ne serez jamais déçus du résultat.
« Un jeune de moins de 18 ans est manipulable », tout le monde est manipulable et manipulé, c’est normal, voir mon histoire de mouton. Il ne tient qu’à vous à apprendre, d’abord à vous puis aux mineurs, comment garder un esprit critique, comment avoir du recul sur un sujet donné, comment ne pas croire systématiquement tout ce que vous lisez ou vous entendez. Un jeune (ou un majeur) manipulé, qui aurait fait un mauvais choix serait de toute façon, contré par un autre jeune (ou autre majeur) manipulé lui aussi, pour faire un choix opposé. Le vote ne détermine pas des choix individuels mais détermine un consensus sur toute une population. Je dirais même que ça permet de mettre en évidence le problème : un vote qui ne se base que sur une partie de la population, ne peut pas aboutir à un choix juste. Nous ne pouvons pas parler alors de démocratie.
Il est temps d’évoluer et de grandir ! Certains pays y pensent déjà, ne soyons pas les derniers !
Voter, c’est exister dans la société, c’est faire entendre sa voix autrement que par la rebellion.
Je disais que ce n’était pas simple, ni possible tout de suite mais il faudrait explorer plusieurs pistes :
- faire de la politique aussi pour les mineurs plutôt qu’aborder que des sujets compliqués.
- mettre en place une expérience démocratique pour les juniors, c’est-à-dire proposer la semaine avant les élections, par exemple le jeudi, une élection «blanche» dans les écoles. Le vendredi pourrait être utilisé pour publier les résultats. En fonction des retours, il pourra être possible de réfléchir comment adapter les futures élections afin de rendre possible la participation, aux élections officielles, des mineurs.




